DOSSIER LÉGISLATIF · RÉGULATION DE L'INSTALLATION · AOÛT 2026

Loi Garot, Mouiller, Valletoux : ce que les 6 prochains mois changent.

Trois textes portent sur l'installation des médecins libéraux — dont deux encore à l'état de proposition de loi, sans aucun effet juridique aujourd'hui. Un seul a franchi une étape concrète au Sénat, et seulement à moitié. Voici l'état exact du dossier, ce qu'il changerait s'il aboutissait, et ce qui reste vrai aujourd'hui pour un projet d'achat de cabinet.

Page vivante — mise à jour à chaque étape parlementaire · Dernière modification : 31 août 2026
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Diagnostic de faisabilité · Échange confidentiel

Immeuble haussmannien — dossier régulation de l'installation des médecins

Aucun de ces trois textes n'est aujourd'hui devenu loi.

Trois initiatives parlementaires portent sur la liberté d'installation des médecins libéraux depuis 2023. Une seule est promulguée — et elle ne régule rien de l'installation. Les deux autres avancent, reculent, se recombinent depuis plus d'un an sans qu'aucune n'ait franchi la ligne d'arrivée.

En vigueur depuis 2023

Loi Valletoux

Promulguée le 27 décembre 2023 (loi n° 2023-1268). Porte sur la gouvernance territoriale, l'encadrement de l'intérim médical et la permanence des soins. Ne contient aucune mesure de régulation de l'installation — les amendements en ce sens ont été rejetés au Sénat en 2023.

Adoptée au Sénat, en attente

Proposition Mouiller

Adoptée par le Sénat en première lecture le 13 mai 2025 (190 voix contre 29). Transmise à l'Assemblée nationale, elle n'est à ce jour pas inscrite à l'ordre du jour. Son mécanisme d'engagement partiel a inspiré la version sénatoriale du texte Garot.

Article 1 voté, examen suspendu

Proposition Garot

Adoptée par l'Assemblée nationale le 7 mai 2025. Réécrite en commission des affaires sociales du Sénat (rapport du 27 mai 2026). Seul l'article 1 a été voté en séance le 11 juin 2026 — faute de temps, l'examen des articles suivants a été suspendu.

Concrètement, la proposition de loi déposée à l'Assemblée nationale par le député Guillaume Garot et un groupe transpartisan (texte n° 966 ; dossier Sénat ppl24-605) organisait, dans la version votée le 7 mai 2025, une autorisation préalable de l'ARS pour toute installation : délivrée de droit en zone sous-dense, conditionnée ailleurs à la cessation d'activité d'un confrère de même spécialité. La commission des affaires sociales du Sénat a remanié ce mécanisme dans la logique de la proposition Mouiller : l'autorisation préalable est maintenue dans les zones où l'offre est particulièrement élevée, mais assouplie — elle serait accordée en contrepartie d'un engagement d'exercice partiel en zone sous-dense, dont les modalités seraient fixées par décret. C'est cette version que le Sénat a votée, en partie seulement, le 11 juin 2026 (scrutin n° 307 · texte provisoire).

Ce que « examen suspendu » veut dire concrètement : la séance du 11 juin 2026 se tenait dans le cadre d'une niche parlementaire (temps de débat limité alloué à un groupe politique). Le temps imparti a été épuisé après le vote du seul article 1. Selon Guillaume Garot lui-même, une reprise « dès que possible » au Sénat est espérée — mais aucune date n'était fixée à fin août 2026 : la reprise suppose une nouvelle inscription à l'ordre du jour par la Conférence des présidents du Sénat. Si le Sénat achève et adopte le texte, celui-ci devra encore repasser devant l'Assemblée nationale pour une deuxième lecture.

Un texte en vigueur, deux en suspens : ce que chacun propose vraiment.

Les trois textes ne se substituent pas : ils se sont nourris les uns des autres. Voici, pour chacun, la chambre et la date d'adoption, le mécanisme envisagé et le statut réel au 31 août 2026.

Texte Statut au 31 août 2026 Mécanisme pour les généralistes Mécanisme pour les autres spécialités
Loi Valletoux
n° 2023-1268 · 27/12/2023
En vigueur — aucune régulation de l'installation Aucune. Gouvernance territoriale ARS, intérim médical, permanence des soins. Aucune.
Proposition Mouiller
Sénat · 13/05/2025
Adoptée au Sénat, transmise à l'Assemblée, sans examen programmé Autorisation ARS en zone sur-dotée, conditionnée à un engagement d'exercice partiel en zone sous-dense. Cessation concomitante d'un confrère, engagement partiel, ou décision motivée de l'ARS.
Proposition Garot
Version Sénat · Art. 1 voté 11/06/2026
Article 1 seul voté ; examen suspendu faute de temps Autorisation du DG ARS en zone où l'offre est particulièrement élevée, conditionnée à un engagement d'exercice partiel en zone sous-dense (modalités renvoyées au décret). Vise aussi le recrutement salarié en centre de santé. Couvertes par l'article 1 voté : cessation d'un confrère de même spécialité, engagement partiel, ou décision motivée de l'ARS.

Un point mérite d'être souligné : la version votée au Sénat le 11 juin 2026 n'est plus le texte coercitif adopté par l'Assemblée nationale en mai 2025. Si les deux chambres ne s'accordent pas sur un texte commun, une commission mixte paritaire — voire une nouvelle lecture dans chaque chambre — sera nécessaire avant toute promulgation. Ce processus peut, historiquement, prendre plusieurs mois à plus d'un an.

Votre zone d'installation est-elle déjà surveillée par l'ARS ?

Zone CPAM, zone APL, statut du texte en cours : Prestonn vérifie les trois avant toute offre.

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Ce que changerait, concrètement, une version aboutie du texte Garot.

Ce qui suit décrit un scénario — celui de la version votée au Sénat le 11 juin 2026, si elle était confirmée telle quelle. Rien de ceci n'est en vigueur aujourd'hui, et le texte peut encore évoluer avant, pendant et après son passage à l'Assemblée nationale.

👤 Médecin généraliste

S'installer dans une zone où l'offre est particulièrement élevée nécessiterait une autorisation du directeur général de l'ARS, conditionnée à un engagement d'exercice partiel en zone sous-dense — durée et modalités renvoyées au décret. Ailleurs, aucune contrainte nouvelle.

🩺 Autres spécialités

L'article 1 voté couvre aussi les autres spécialités : l'installation en zone très dotée serait subordonnée à la cessation d'activité d'un confrère de même spécialité, à un engagement d'exercice partiel, ou à une décision motivée de l'ARS. Les modalités précises seraient fixées par décret.

🏢 Achat de murs

L'acquisition immobilière elle-même ne serait pas régulée — c'est l'autorisation d'exercice du praticien qui le serait. Mais un bien situé dans une zone qui basculerait en zone « sur-dotée » verrait sa base de locataires potentiels réduite aux praticiens déjà autorisés à s'y installer.

📅 Calendrier d'un projet

Une autorisation ARS préalable à l'installation ajouterait une étape administrative au calendrier d'un projet d'achat — comparable, en délai, à une procédure de changement d'usage ou de dérogation ERP, à intégrer dans la phase de faisabilité.

Un seul zonage est réellement opposable à un projet d'installation en 2026.

Indépendamment du sort de la loi Garot, un mécanisme de régulation existe déjà et s'applique concrètement : le conventionnement CPAM, encadré depuis 2023 pour les chirurgiens-dentistes et, selon les avenants conventionnels par profession, pour d'autres spécialités. C'est ce zonage — pas un texte encore en discussion — qui conditionne aujourd'hui l'accès au conventionnement dans certaines zones.

Ce qui s'applique déjà (2026) vs ce qui est encore en discussion

  • Zonage CPAM par profession · dentistes, infirmiers, kinésithérapeutesEn vigueur
  • Zonage APL des ARS · base de calcul sous-dense / intermédiaire / sur-dotéeEn vigueur
  • Autorisation ARS généraliste en zone très dotée · texte Garot, art. 1 voté au SénatEn discussion
  • Régulation spécialistes en zone très dotée · texte Garot, art. 1 voté, modalités par décretEn discussion

Pour un chirurgien-dentiste, ce zonage conventionnel existe déjà et conditionne l'accès au conventionnement en zone sur-dotée depuis l'avenant du 25 août 2023 — voir notre page dédiée au zonage dentiste 2026. C'est ce précédent, sectoriel, que la proposition Garot cherche à étendre à la médecine générale et à d'autres spécialités.

Attendre l'issue du texte, c'est prendre un autre risque.

Un projet d'achat de murs professionnels engage 15 à 20 ans de financement — l'horizon de plusieurs lectures parlementaires, voire de plusieurs législatures. Deux logiques s'affrontent : sécuriser l'installation avant un éventuel durcissement, ou attendre d'y voir plus clair. Dans les deux cas, l'analyse de zone reste le même préalable.

Ce que Prestonn vérifie systématiquement avant une offre : zone CPAM du bien (pour les professions déjà régulées), zone APL de l'ARS (le zonage qui servirait de base à toute future régulation généraliste), et statut de conventionnement du praticien sortant en cas de reprise. Cette vérification est indépendante du sort de la loi Garot — elle protège déjà contre le risque réglementaire existant.

Sur le plan strictement patrimonial, l'acquisition des murs — via une SCI, recommandée à l'IS dès que le projet implique plusieurs associés ou des loyers significatifs — reste indépendante du statut d'installation du praticien exploitant. Une SCI achète un actif immobilier ; elle ne conventionne personne. Le risque, en cas de durcissement de la régulation, porterait sur la liquidité du bien dans une zone qui deviendrait difficile d'accès pour de nouveaux praticiens — un paramètre que Prestonn intègre déjà dans le choix de la zone d'implantation, au même titre que la démographie médicale locale. Voir notre analyse du marché immobilier santé 2026 par métropole.

Pour toute question d'articulation entre un point de droit encore incertain et votre projet personnel, un avis de notaire ou d'avocat en droit de la santé reste la référence — cette page présente un état des lieux, pas un conseil juridique individualisé.

Ce qu'il faut surveiller entre août 2026 et le printemps 2027.

Le calendrier parlementaire n'est pas figé, mais trois échéances structurent la suite du dossier. Cette page sera mise à jour à chacune d'entre elles.

Rentrée parlementaire (septembre-octobre 2026)

Reprise probable de l'examen du texte Garot au Sénat, selon les créneaux de niche disponibles. Aucune date n'était fixée à fin août 2026 — la reprise dépend d'une nouvelle inscription à l'ordre du jour par la Conférence des présidents.

Dépôt du PLFSS 2027 (mi-octobre 2026)

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale peut porter des mesures connexes à l'accès aux soins ou au conventionnement — sans lien juridique direct avec la proposition Garot, mais surveillé pour la même raison : impact sur l'installation des professionnels de santé.

Deuxième lecture à l'Assemblée (si le Sénat achève le texte)

Si le Sénat vote l'ensemble du texte, celui-ci repart devant l'Assemblée nationale pour une deuxième lecture — avec la possibilité que les deux chambres divergent sur le mécanisme (coercition vs engagement partiel), ce qui prolongerait encore le processus.

Loi Garot et installation : les questions que nos clients posent.

La loi Garot est-elle déjà en vigueur en 2026 ?

Non. En août 2026, aucune disposition régulant la liberté d'installation des médecins libéraux n'est en vigueur. La proposition de loi Garot (texte n° 966 à l'Assemblée nationale, dossier Sénat ppl24-605) a été adoptée par l'Assemblée nationale en première lecture le 7 mai 2025, puis fortement réécrite par la commission des affaires sociales du Sénat (rapport déposé le 27 mai 2026). Seul son article 1 a été voté en séance publique au Sénat le 11 juin 2026 ; l'examen des articles suivants a été suspendu faute de temps. Le texte doit encore être achevé au Sénat puis repasser devant l'Assemblée nationale avant toute promulgation.

Que prévoit exactement l'article 1 adopté par le Sénat le 11 juin 2026 ?

Dans sa version votée par le Sénat (215 voix contre 118), l'article 1 maintient une autorisation préalable du directeur général de l'agence régionale de santé (ARS) pour l'installation d'un médecin généraliste — ou le recrutement d'un généraliste salarié par un centre de santé — dans les zones où l'offre de soins est particulièrement élevée. Cette autorisation serait conditionnée à un engagement d'exercice à temps partiel dans une zone sous-dense, dont la durée et les modalités seraient fixées par décret. Les autres spécialités sont également couvertes par l'article 1 voté : l'autorisation en zone très dotée y serait liée à la cessation d'activité d'un confrère de même spécialité, à un engagement d'exercice partiel, ou à une décision motivée de l'ARS. Ce mécanisme, plus souple que la version votée en 2025 par l'Assemblée nationale, reprend la logique de la proposition Mouiller adoptée au Sénat en mai 2025.

Quelle différence entre la loi Garot, la proposition Mouiller et la loi Valletoux ?

La loi Valletoux (n° 2023-1268 du 27 décembre 2023) est déjà en vigueur mais ne contient aucune mesure de régulation de l'installation — elle porte sur la gouvernance territoriale, l'encadrement de l'intérim médical et la permanence des soins. La proposition Mouiller, adoptée par le Sénat le 13 mai 2025, a inspiré le mécanisme d'engagement partiel repris dans le texte Garot ; elle reste transmise à l'Assemblée nationale sans examen programmé. La proposition Garot est la plus avancée dans le processus parlementaire, mais reste elle aussi inachevée.

Si la loi Garot est adoptée, quand s'appliquerait-elle concrètement ?

Aucune date d'entrée en vigueur ne peut être anticipée à ce stade : le texte doit d'abord être intégralement examiné et voté au Sénat, probablement à l'automne 2026, puis revenir devant l'Assemblée nationale pour une deuxième lecture — avec le risque que les deux chambres ne s'accordent pas sur le mécanisme retenu. L'article 1 voté au Sénat prévoit d'ailleurs explicitement une entrée en vigueur fixée par décret en Conseil d'État, au plus tard un an après la promulgation. Un délai de plusieurs mois, voire de plus d'un an, entre un éventuel vote définitif et une application concrète sur le terrain est réaliste.

Faut-il attendre la loi Garot avant d'acheter son cabinet ?

Sur le strict plan réglementaire, non : aucune contrainte n'est aujourd'hui opposable à un projet d'installation ou d'achat de murs professionnels. La zone CPAM (sous-dotée, intermédiaire, sur-dotée) reste, elle, un paramètre déjà en vigueur à vérifier avant toute offre, indépendamment du sort de la loi Garot. Attendre l'issue d'un texte qui peut encore évoluer pendant plusieurs mois expose surtout à un risque d'opportunité : les biens conformes dans les zones recherchées ne restent pas disponibles indéfiniment.

Un achat de murs en SCI est-il concerné par la régulation de l'installation ?

La régulation envisagée porte sur l'autorisation d'exercice du praticien (conventionnement, zone), pas sur l'acquisition immobilière elle-même. Une SCI peut acquérir des murs professionnels indépendamment du statut d'installation du praticien locataire. En revanche, la zone d'implantation du bien conditionne indirectement sa valeur locative et sa revente : un local situé dans une zone qui deviendrait durablement sur-dotée et soumise à autorisation mérite une analyse de faisabilité renforcée avant l'achat.

Comment vérifier si une zone sera concernée par une régulation de l'installation ?

Le zonage utilisé aujourd'hui par les ARS pour qualifier une zone de sous-dense, intermédiaire ou sur-dotée repose sur l'indicateur APL (accessibilité potentielle localisée), publié et actualisé par zone. Le texte Garot, lui, renvoie à des zones qui seraient déterminées par le directeur général de l'ARS, spécialité par spécialité, selon des modalités fixées par décret : il n'existe aujourd'hui aucune carte définitive des zones qui seraient concernées au titre de ce texte. Vérifier la zone APL de l'adresse visée avant toute offre donne néanmoins une première indication utile, indépendamment de l'issue du texte.

Comment Prestonn suit-il ce dossier pour ses clients ?

Prestonn actualise cette page à chaque étape parlementaire significative (nouvelle lecture, vote, promulgation) et intègre le paramètre réglementaire — zone CPAM, zone APL, statut du texte — dans le diagnostic de faisabilité réalisé avant toute recherche de bien. L'objectif : qu'aucun client ne découvre une contrainte d'installation après avoir engagé une offre d'achat.

Prestonn · Veille réglementaire installation santé

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